Elle s'appelle Jenny Melo, mais tout le monde la connaît sous le nom de « Jenny, la chauffeuse de taxi ».
Elle est née au printemps 1976, à Higuey, capitale de la province de La Altagracia.
Elle a grandi au sein d'une famille modeste composée de sa mère et de ses deux sœurs, dont elle était la plus jeune. Elle n’a jamais connu son père. Elle l’a vu une seule fois lorsqu’elle avait 24 ans et ne l’a plus jamais revu depuis.
Cela l’a amenée à être très proche de sa mère et à adopter son caractère bien trempé (car sa mère est une femme battante qui s’est occupée seule de ses trois filles, sans l’aide de personne).
À l’âge de 13 ans, elles sont parties s’installer dans la province de La Romana où elle a terminé ses études secondaires, afin de pouvoir étudier la gestion d’entreprise à l’Université centrale de l’Est (UCE) à San Pedro de Macorís ; elle parcourait chaque jour 54 km aller-retour.
Sa mère a financé toutes ses études ; elle n’a jamais eu à travailler jusqu’à la fin de ses études, obtenant sa licence à l’âge de 25 ans.
Elle s’est mariée et est tombée enceinte, mais il lui restait un rêve à réaliser : celui de devenir ingénieure. Elle est donc retournée à l’université, ses études étant alors financées par sa mère. Trois ans plus tard, elle avait obtenu son diplôme d’ingénieure civile, avait donné naissance à sa première fille et s’était séparée.
Elle est ensuite retournée dans sa ville natale, Higuey, pour y travailler en tant qu’ingénieure.
C’est là qu’elle a rencontré son mari actuel, Diomedes, avec qui elle a eu sa deuxième fille et créé une entreprise de construction. Elle travaille encore aujourd’hui en tant que sous-traitante pour plusieurs sociétés, dont le groupe Punta Cana.
Comme son mari est chauffeur de taxi, lorsqu’elle a fait la connaissance de ses collègues, les dirigeants du syndicat Taxi Beron, en apprenant ses études, ont vu en elle la candidate idéale pour occuper le poste de secrétaire à l’organisation (2e poste).
Elle fait partie de ce syndicat depuis deux ans. Elle est également secrétaire chargée des procès-verbaux et de la correspondance de l’Association des pêcheurs de Juanillo (qui protège notamment les espèces marines, les coraux et les récifs).
Au début, lorsqu’elle a commencé à côtoyer les clients et qu’elle n’avait pas d’autre emploi, elle ne considérait pas le taxi comme un moyen de subsistance, mais plutôt comme quelque chose qui la distinguait des autres.
Elle apprécie le contact avec les touristes et surtout le fait de savoir que, par son travail, elle aide son pays, la République dominicaine qu’elle adore, et contribue à en faire l’une des plus belles destinations touristiques du monde.
Actuellement, elle ne travaille comme chauffeur de taxi que sur rendez-vous, ce qui lui permet de se consacrer à ses autres activités. C’est de là que vient le surnom d’« ingénieure-chauffeur de taxi », cette femme battante qui a appris de sa mère que, tant qu’un travail est digne et qu’il lui plaît, il faut l’exercer et aller de l’avant.
JENNY vit dans une maison modeste, mais remplie d’amour et d’affection entre ses deux princesses, Crismaury et Kamil, ainsi que son mari Diomedes.
C’est à cette personne si spéciale que nous souhaitons rendre notre petit hommage, celle que tous les membres du forum connaissent pour ses trajets exceptionnels, pour l’attention et la gentillesse avec lesquelles elle nous traite, nous qui avons eu la chance de voyager avec elle.
Tous les projets que nous avons menés sur elvalordeuneuro, nous les lui devons. Nous l’avons rencontrée l’année dernière et avons tout de suite vu qu’elle était une personne très spéciale. Elle s’est proposée de nous emmener dans l’un des bateyes situés à la périphérie de La Romana et, depuis ce jour-là, elle occupe une place très spéciale dans nos cœurs. dès ce jour-là, nous avons commencé à lui demander comment nous pouvions aider les enfants de Bayahibe et de Higuey, et elle nous a parlé de Dorianny, de Carlos Alberto, de la Fondation pour les enfants placés, etc. Il est vrai que tout cela a été réalisé depuis l’Espagne, mais c’est elle qui a été le pilier de ce projet : elle est venue nous chercher à l’aéroport ; nous transportions plus de trois cents kilos de vêtements, de chaussures, de médicaments et de fournitures scolaires.
Elle met son taxi à notre disposition, mais celui-ci use ses pneus, sa huile, ses amortisseurs, etc. (car il faut voir l’état des routes dans ce pays) ; elle y consacre son temps, car ces jours-là, elle n’a pas gagné un seul euro, mais elle s’est proposée pour se rendre à tous les endroits où il fallait livrer les affaires que nous avions récoltées. Cela a représenté de nombreuses heures de route et c’était là sa grande contribution à nos projets.
Merci JENNY, j’écris toujours son nom en majuscules car pour moi, elle est aussi grande que son nom, et j’imagine que tous ceux qui l’ont connue pensent la même chose.